Le traitement des ampoules

 
Le traitement des ampoules
 
 
Pathologies récurrentes des pieds des coureurs, les ampoules peuvent et doivent être évitées, car toute lésion podale entraine une adaptation de la foulée et un risque accru de pathologies articulaires, tendineuses et musculaires secondaires. Il est également bien triste de devoir abandonner à cause d’une « cloque », la douleur provoquée étant parfois si insoutenable qu’elle inhibe tout raisonnement.
 
 
Une phlyctène, ou ampoule, est le décollement plus ou moins superficiel de la peau, associé à un gonflement et à un épanchement liquidien. Plus le décollement est profond, plus le liquide va contenir du sang, et plus la douleur sera importante. Evidement, la cicatrisation n’en sera que  plus longue.
Ce décollement est consécutif à un échauffement de la peau, lié en ce qui nous concerne à des frottements extrinsèques aux pieds : chaussettes, chaussures, semelles, corps étrangers, pansements et protections inadaptés,... mais également à un manque de préparation de la peau : transpiration importante, callosités, peau fragile,…
Les ampoules ne sont donc pas une fatalité, et il faut prévenir ces lésions de façon régulière tout au long de l’année et non pas juste avant le départ de la course.
Il faut commencer par trouver la cause, l’origine de la chronicité, et pour cela ne pas hésiter à consulter un podologue : bilan cutané, étude du chaussage et des chaussettes, bilan podologique pour déceler un éventuel déséquilibre.
Quant l’origine est connue, il faut traiter : un soin podologique pour éliminer les callosités, bien couper les ongles et avoir des conseils de préparation et d’entretien ; adapter le chaussage au terrain couru, ainsi que les chaussettes ; appareiller avec des orthèses plantaires le cas échéant et/ou consulter un ostéopathe afin de «rééquilibrer» le corps et l’organisme (ostéo).
 Vous allez me dire ok, merci, génial, c’est sympas ces généralités, mais t’as pas un truc là maintenant tout-de-suite ?
 
 
Allez, je ne suis pas chien, je vais vous donner quelques tuyaux qui fonctionnent !
                -la première préparation est le tannage de la peau, avec un produit acide et astringent ; c’est une opération qui consiste à rendre la peau plus résistante aux frottements. Le tannant le plus naturel est le citron vert, avec le jus duquel on se badigeonne les pieds des talons aux orteils le soir sur une peau sèche, associé à une crème hydratante 2 fois par semaine, sur une durée de 3 semaines pour une efficacité d’1 à1,5 mois. Il existe d’autres agents tannants type acide picrique, mais ils colorent la peau et sont moins naturels. On va assurément adopter le tannage lorsqu’après un passage « humide » prolongé la peau ne sera que très peu flétrie et ne chauffera pas, ou bien lorsque le sol est dur et chaud et que les pieds bouent dans les chaussures, mais pas là … !
 
 
                -dans un second temps, il faut utiliser des crèmes anti-frottements ou anti-échauffements lors des entrainements puis pour les courses : on en étale une première couche généreusement sur la peau, puis une seconde sur la chaussette après l’avoir mise en place afin de créer un effet « seconde peau » en fixant la chaussette à la peau. Certains utilisent ces crèmes au quotidien comme tannants.
 
                -en ce qui concerne les chaussettes, elles doivent être adaptées à la pointure, latéralisées si possible pour une meilleure conformation anatomique, lavées au préalable si neuves, avec le moins de coutures possibles contre la peau, et pourquoi pas des chaussettes « à doigts » pour les coureurs souffrant de conflits inter-orteils ?
                -pour les chaussures, la pointure inadaptée est la première cause de frottements, ainsi qu’un mauvais serrage, une tige trop fine laissant passer des corps étrangers (sable, poussières, aiguilles de sapin, graviers, …), un manque de protection extérieur comme des guêtres pour la boue ou spéciales désert.
 
                -il ne faut pas hésiter, pour ceux qui sont appareillés, à consulter régulièrement son podologue pour retoucher les orthèses qui se comportent forcément différemment dans les chaussures d’une course à l’autre, en fonction du terrain et du climat, et qui peuvent alors devenir conflictuelles et provoquer des ampoules.
                -enfin, il faut aussi perdre les mauvaises habitudes d’automédication car les pansements et protections « anti-ampoules » du commerce et ceux que l’on peut se fabriquer soi-même sont trop souvent à l’origine de violents échauffements cutanés, et donc d’ampoules profondes : évitez les strapps, qui roulent et entrainent la peau dans leur décollement ou bien qui cisaillent la peau car la tension de la bande est trop élevée, les « secondes peaux » ne sont guère mieux et provoquent aussi des macérations ..
 
 
Ce n’est pas que je veuille prêcher pour ma paroisse, mais la prévention et la préparation de la peau et des pieds avec l’aide de professionnels spécialisés dans le sport doivent faire partie de ce que l’on appelle « l’entraînement », de même que les conseils de chaussage, la nutrition adaptée à l’effort, la consultation régulière d’un ostéopathe même sans souffrances.
N’oubliez pas, un coureur averti et prévenant en vaut … plusieurs qui éclairent les sentiers la nuit en retirant leurs chaussures…
 
Yoann Delmas
Pédicure-podologue D.E.                                                                          
Podologue du Sport D.U.