Tu ressens une douleur profonde à l’aine ou dans le bas ventre pendant tes sorties ? Cette sensation de tiraillement qui monte vers l’abdomen quand tu lèves le genou ? Tu fais peut-être face à une douleur au psoas, ce muscle clé de la course à pied qui peut vite t’handicaper si tu ne t’en occupes pas.
Alors, prêt à changer de vision ?
Le psoas : ce muscle que tous les coureurs devraient connaître
Le muscle psoas iliaque (ou ilio-psoas) se compose de deux parties : le psoas qui naît en avant de tes vertèbres lombaires, et l’iliaque qui s’insère sur l’os du bassin. Ces deux muscles se rejoignent pour former un tendon puissant qui s’attache sur ton fémur.
Ce muscle assure la flexion de ta hanche – autrement dit, c’est lui qui permet de lever ta cuisse vers l’avant à chaque foulée. Chez le coureur, il travaille en permanence et peut rapidement s’irriter si tu augmentes trop vite ton volume d’entraînement ou si tu as des déséquilibres posturaux.
D’ailleurs, consultez ici notre article sur les étirements pour éviter les douleurs au sacrum.
Les causes principales ? Position assise prolongée au quotidien qui raccourcit le muscle, augmentation brutale du kilométrage, déséquilibres entre tes muscles fléchisseurs et extenseurs de hanche, ou encore une mauvaise technique de course avec une foulée trop ample.

Comment identifier une tendinite du psoas ?
La douleur au psoas se manifeste typiquement par une gêne dans l’aine, parfois avec des irradiations vers le bas-ventre ou le haut de la cuisse. Tu la sens surtout quand tu lèves le genou – donc à chaque foulée – et elle peut persister même au repos dans les cas les plus sévères.
Contrairement à une douleur musculaire classique, celle du psoas est souvent profonde et difficile à localiser précisément. Tu peux aussi ressentir une raideur matinale au niveau des hanches ou une difficulté à te redresser complètement après être resté assis longtemps.
Le test simple ? Allonge-toi sur le dos et essaie de ramener ton genou vers ta poitrine en résistant avec tes mains. Si ça déclenche une douleur dans l’aine, c’est probablement ton psoas qui trinque.
Les étirements spécifiques pour soulager ton psoas
L’étirement du psoas demande une technique particulière car ce muscle est situé en profondeur. Le plus efficace reste la fente du chevalier : un genou au sol, l’autre pied bien en avant. L’astuce ? Pousse tes fesses vers l’avant tout le long de l’étirement pour bien cibler le psoas.
Tu peux aussi tester l’étirement debout contre un mur : place-toi dos au mur, recule une jambe en gardant le genou tendu, et pousse ton bassin vers l’avant. Maintiens 30 secondes par côté, 3 répétitions.
La régularité prime sur l’intensité. Il vaut mieux 2 minutes d’étirements quotidiens qu’une séance d’une heure une fois par semaine. Ton psoas a besoin de retrouver progressivement sa longueur optimale.
Renforcement et prévention : la solution durable
Étirer c’est bien, mais renforcer tes antagonistes c’est encore mieux. Tes fessiers et tes ischio-jambiers doivent être au niveau pour équilibrer le travail de ton psoas. Les exercices comme les ponts fessiers, les squats bulgares ou les extensions de hanche vont dans ce sens.
Travaille aussi tes abdominaux profonds. Un core solide permet une meilleure stabilité du bassin et évite les compensations qui surchargent ton psoas. Le gainage en position de planche, les bird dogs et les dead bugs sont tes alliés.
Côté technique de course, évite les foulées trop amples qui sollicitent excessivement tes fléchisseurs de hanche. Une cadence autour de 170-180 pas par minute avec des foulées plus courtes préserve mieux tes structures.
Quand faut-il reprendre la course avec une douleur au psoas ?
La reprise doit être progressive et guidée par tes sensations. Si ta douleur est supérieure à 5/10, évite de courir. En dessous de ce seuil, tu peux maintenir une activité légère en surveillant que la douleur ne s’aggrave pas pendant l’effort.
Commence par des séances courtes de 20-30 minutes sur terrain plat, en alternant course et marche si nécessaire. L’important : aucune aggravation des symptômes pendant et après l’entraînement.
Les signaux d’alarme ? Une douleur qui augmente pendant la course, des symptômes qui persistent plusieurs heures après l’effort, ou une raideur matinale qui s’aggrave. Dans ces cas, repos et consultation s’imposent.
Les erreurs à éviter avec une tendinite du psoas
Première erreur classique : vouloir « passer au travers » de la douleur. Le psoas est un muscle puissant mais délicat. Forcer peut transformer une simple irritation en tendinite chronique difficile à soigner.
Deuxième piège : négliger les étirements quotidiens. Si tu passes 8 heures par jour assis au bureau puis que tu vas courir directement, ton psoas n’a aucune chance de bien fonctionner. Quelques étirements avant ta sortie peuvent éviter bien des problèmes.
Enfin, oublier le renforcement des antagonistes. Beaucoup de coureurs se focalisent sur les étirements mais négligent le travail des fessiers et du core. Résultat : les déséquilibres persistent et la douleur revient dès que l’entraînement s’intensifie.
La solution ? Une approche globale qui combine étirements, renforcement et adaptation de tes entraînements. Ton psoas te dira merci, et tes performances aussi.

