Tu veux te lancer sur 21,1 km mais tu ne sais pas vraiment par où commencer côté kilométrage hebdomadaire ? C’est LA question que se posent 90% des coureurs qui visent leur premier semi marathon. Entre les plans d’entraînement qui parlent de 40 km/semaine et ton pote qui jure qu’il a tout déchiré avec seulement 20 km, difficile de s’y retrouver.
La vérité, c’est que le kilométrage idéal dépend de ton niveau actuel, de tes objectifs et du temps que tu as devant toi. On va voir ça ensemble.
Ton niveau de base détermine ton kilométrage minimum
Avant de parler chiffres, il faut être honnête sur ton point de départ. Si tu cours déjà 15-20 km par semaine depuis quelques mois sans problème, tu pars avec une base solide. En revanche, si tu reprends après une longue pause ou que tu débutes, il faudra d’abord construire cette endurance fondamentale.
Pour un coureur débutant qui veut simplement terminer son semi, le kilométrage hebdomadaire peut osciller entre 25 et 35 km. C’est largement suffisant si tu respectes une progression cohérente sur 12 à 16 semaines. L’objectif n’est pas de battre des records, mais de franchir la ligne d’arrivée avec le sourire.
Les coureurs intermédiaires qui visent un temps spécifique devront monter entre 35 et 50 km par semaine. Cette fourchette permet d’intégrer des séances de fractionné et des sorties longues sans exploser physiquement. C’est le sweet spot pour la plupart des amateurs sérieux.

Les 3 piliers de ton kilométrage hebdomadaire
- 70% d’endurance fondamentale : Ces sorties à allure conversationnelle développent ta capacité aérobie. Tu dois pouvoir parler sans être essoufflé. C’est la base de tout.
- 20% de travail au seuil : Des sorties à l’allure semi-marathon ou légèrement plus rapide. Elles t’apprennent à tenir ton rythme cible sur la durée.
- 10% de fractionné : Des intervalles courts et intenses pour améliorer ta VMA. Une séance par semaine maximum suffira.
Cette répartition n’est pas négociable, quel que soit ton kilométrage total. Beaucoup de coureurs font l’erreur de courir trop vite trop souvent. Résultat : ils stagnent et se blessent.
Ton objectif temps change la donne
Vouloir finir sous les 2h30 ou viser 1h45, ce n’est pas le même délire. Plus ton objectif est ambitieux, plus tu devras accumuler du volume pour développer ta puissance aérobie.
Pour un objectif modeste (finir sans marcher), 25-30 km par semaine suffisent largement. Tu peux te contenter de 3 sorties : une courte en semaine, une moyenne, et une longue le week-end. Simple et efficace.
Si tu vises entre 2h00 et 2h15, il faut monter à 35-45 km hebdomadaires. Tu intégreras une séance de seuil par semaine et des sorties longues jusqu’à 18-19 km. C’est là que ça devient sérieux mais accessible.
Les chronos sous 1h45 demandent généralement 45-60 km par semaine, avec 4 à 5 sorties. À ce niveau, chaque séance a un objectif précis et la récupération devient cruciale. On n’improvise plus.
Pourquoi plus n’est pas toujours mieux ?
L’erreur classique ? Croire que plus de kilomètres = meilleure performance. C’est faux. Au-delà d’un certain volume, les bénéfices diminuent et les risques de blessure explosent.
Un coureur amateur qui dépasse 60 km par semaine pour préparer un semi entre souvent dans la zone rouge. Le corps n’a plus le temps de récupérer correctement, la motivation s’effrite, et bonjour les tendinites ou autres joyeusetés.
Les études montrent qu’au-delà de 50-55 km hebdomadaires, les gains de performance deviennent marginaux pour la distance du semi-marathon. Mieux vaut optimiser la qualité de tes séances que d’accumuler du volume pour le volume.
Ta progression semaine après semaine
Rome ne s’est pas construite en un jour, ton kilométrage non plus. La règle des 10% maximum d’augmentation hebdomadaire reste d’actualité, même si elle paraît frustrante au début.
Si tu commences à 20 km par semaine, tu peux envisager 22 km la semaine suivante, puis 24 km, etc. Cette progression respecte tes adaptations physiologiques et limite drastiquement les risques de pépin.
Intègre aussi des semaines de récupération tous les 3-4 semaines où tu diminues ton volume de 20-30%. Ton corps consolide les acquis et repart de plus belle. C’est contre-intuitif mais redoutablement efficace.
N’oublie jamais que la régularité prime sur l’intensité. Mieux vaut courir 30 km chaque semaine pendant 12 semaines que d’alterner entre 50 km et 15 km selon ton humeur. Ton organisme a besoin de constance pour progresser.

